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Oser le voyage à vélo avec un bébé : 10 questions pour se lancer !

20 octobre 2021
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Impossible de concrétiser ses rêves d’aventure à vélo avec un nouveau-né ? Et si au contraire, l’arrivée d’un bébé, était une raison supplémentaire de monter en selle ? Adeline Reynouard et Olivier Godin ont franchi le pas à plusieurs reprises alors que leurs enfants n’avaient que quelques mois. Pour être les témoins privilégiés de leurs premières fois, pour s’inventer une vie de famille à l’école de la route. Après avoir expérimenté l’itinérance à 3, puis à 4, sur plusieurs milliers de kilomètres, ces cyclo-globe-trotters répondent aux questions que l’on se pose avant de se lancer. Leur message : voyager à vélo avec un bébé est bien plus simple que vous ne le pensez. Nous les avons rencontrés à l’occasion de la sortie de notre collection Globe trotteur, ils vous racontent tout sur leur quotidien. 

 Petit guide pratique pour mettre le pied à la pédale.  

A partir de quel âge embarquer pour l'aventure ?
 

Vers 8-10 mois conseillent la plupart des constructeurs de remorques. A cet âge, le petit passager dispose généralement de la tonicité musculaire suffisante pour maintenir une position assise consolidée et garder la tête droite. La condition sine qua non pour faire face, sans risque, aux éventuels cahots du transport.  

Certains équipements additionnels permettent toutefois de monter à bord plus précocement. C’est le cas de la coque bébé, proche en apparence d’un siège-auto, ou du hamac dont la souplesse et la légèreté garantissent un excellent amortissement des chocs. 

Une limite malgré tout à l’utilisation de ces accessoires en France : le port obligatoire du casque pour les enfants de moins de 12 ans… y compris à bord d’une remorque ! Une sélection implicite par la taille du tour de tête. A notre connaissance, en effet, impossible de dénicher dans le commerce un casque homologué avec un diamètre inférieur à 44 cm. Une mesure qui, de fait, exclu la plupart des petits de moins de 6 mois.  

Notre retour d’expérience : Axel et Julia, nos deux enfants, ont fait leurs premiers tours de roues à bord d’une remorque à l’âge de 10 mois. Pour renforcer sécurité et confort à bord, nous avions équipé leur siège d’un réducteur matelassé enveloppant à l’entrejambe ainsi que d’un cale-tête pour éviter les mouvements latéraux parasites, à l’heure de la sieste notamment.  

Comment choisir le carrosse de bébé ?
 

Si le siège-bébé ou les très polyvalents vélos cargos constituent d’excellentes options pour les déplacements du quotidien, les remorques restent le choix privilégié des parents baroudeurs. Dotées d’un habitacle fermé, elles offrent l’assurance de pouvoir avaler sereinement les kilomètres avec bébé à bord dans toutes les conditions. Ses autres atouts ? Un coffre ou des espaces de rangement pour étendre les capacités de chargement du convoi familial, mais aussi sa modularité. Les remorques se détachent généralement en quelques minutes du vélo parental et se plient ou se démontent pour être transportées plus facilement en voiture, en train voire en avion. 

Reste à cibler le modèle le plus approprié à votre pratique. Un critère incontournable tout d’abord : la sécurité. Votre carriole doit impérativement satisfaire aux exigences de la norme EN 15918. Elle intégrera un dispositif d’éclairage et un fanion garantissant une bonne visibilité sur la route. De préférence, la ceinture, facile à régler, comportera 5 points d’ancrage.  

Second paramètre à prendre en considération : le confort à bord. Objectif offrir à votre enfant le plus doux des cocons ! On optera ainsi pour un modèle équipé d’une membrane et d’un rabat imperméable, d’un filet moustiquaire, d’un pare-soleil et d’un dispositif d’aération fonctionnel. Une suspension atténuera les soubresauts si vous envisagez de vous échapper loin du bitume.

Photo Olivier Godin 
Notre retour d’expérience : en matière de remorque, nous avons fait un choix un peu inhabituel : un modèle très compact doté d’une seule roue, presque unique en son genre. Notre objectif : pouvoir passer partout ou presque grâce à sa légèreté et son excellent comportement sur terrain technique. Revers de la médaille, son petit gabarit impose une capacité de chargement réduite.     

Quels vêtements pour votre bébé baroudeur ?
 

Bien sûr, la panoplie de votre bout de choux variera selon votre destination et la saison de votre voyage. De manière générale, optez pour des vêtements faciles à enfiler, confortables à porter et, si possible, peu salissants. Trois ou quatre ensembles composés d’un body, d’un t-shirt et d’un short ou jogging constitueront son vestiaire de base. Viendront ensuite s’ajouter différents textiles destinés à protéger bébé du froid qu’on lui enfilera selon le principe de superposition des couches.  

Des bodies en laine chauds, sous-vêtements thermiques et collants offriront une première barrière isolante. En guise de deuxième couche, votre enfant pourra porter, selon la température, un sweatshirt, un gilet ou une polaire. Si le froid l’exige, on pourra compléter sa tenue avec une veste légère ou une doudoune. Dans ce contexte, pensez également aux chaussettes chaudesbonnet et tour de cou. Et pour la nuit de bébé, une gigoteuse bien chaude ne sera pas de trop ! A l’inverse, en conditions estivales, pensez au maillot de bain ou à la combinaison anti-UV ! 

Notre retour d’expérience : en cas de pluie, nous misons sur une combinaison constituée d’un ciré avec capuche associé à une salopette. La garantie pour nos enfants de rester au sec sous l’averse, mais aussi la liberté de pouvoir jouer dehors dans toutes les conditions.  

Comment cibler un itinéraire adapté ?
 

Pour une première itinérance, inutile d’aller loin ou de partir longtemps. Vous pouvez même vous élancer depuis le pas de votre porte. Une chance, la France est une formidable terre de voyage à vélo ! Grâce à la diversité de ses paysages, bien sûr, mais aussi parce qu’elle compte un réseau de véloroutes particulièrement développé. Plus de 19 000 kilomètres au total. Un chiffre qui augmente chaque année.  

Vous avez dit véloroutes ? Derrière ce terme se cachent en fait plusieurs réalités. Les tronçons les mieux aménagées permettent de progresser sur des pistes cyclables balisées ou des voies vertes en demeurant totalement à l’écart de la circulation. Rassurant lorsqu’on voyage avec des enfants ! Mais l’appellation désigne aussi des petites routes ouvertes au trafic automobile, la plupart du temps, heureusement très limité.  

Parmi les parcours les plus populaires : la Vélodyssée, 1200 km le long de l’Atlantique, la Véloscénie, entre Paris et le Mont-Saint-Michel, la Via Rhôna ou la Loire à vélo. Pour obtenir un aperçu de l’offre existante, deux sites : www.francevelotourisme.com et www.af3v.org

 

Photo Olivier Godin 

Notre retour d’expérience : notre devise : l’expérience plutôt que la distance ! Pour débuter avec un bébé, nous conseillons de partir de chez soi pour une nuit seulement. De préférence sur un parcours balisé et sans relief avec une météo au beau fixe. Une micro-aventure pour approcher en douceur la réalité de la vie nomade en famille avant, peut-être, d’entreprendre un périple plus long.   

Comment trouver le bon rythme pour bébé ?
 

Avec un bébé, il est envisageable de passer 4 à 6 heures en selle chaque jour. Il s’agit bien entendu d’une estimation moyenne et en aucun cas d’un impératif. Si beaucoup ont tendance à s’endormir, bercés par le roulis de remorque, chaque enfant réagira différemment à un séjour prolongé dans l’habitacle. A vous d’être attentif aux moindres signes de lassitude et d’énervement. N’hésitez pas à multiplier les pauses dès que nécessaire pour le rassurer, le faire boire ou manger, ou simplement lui offrir l’occasion de se dégourdir les jambes. Dans la mesure du possible, essayez de caler votre progression sur le rythme de ses siestes pour ne pas perturber ses cycles de repos.   

De manière générale, évitez de vous fixer des objectifs kilométriques trop ambitieux. Le voyage à vélo offre la possibilité de s’arrêter quand on veut où l’on veut, alors profitez-en !   

Notre retour d’expérience : plus l’enfant grandit plus il est demandeur de pauses fréquentes et prolongées pour mener ses propres explorations. Lorsqu’Axel avait 10 mois, nous pouvions pédaler 5 à 6 heures par jour pour une distance totale dépassant parfois 80 km. Avec l’apprentissage de la marche, nous avons commencé à raccourcir le temps passé en selle. Et celui-ci n’a fait que décroître avec l’âge au profit des phases de jeu et de découverte. Aujourd’hui, Axel a 6 ans et nous parcourons en moyenne 50 km quotidiennement.  

Comment gérer les repas sur la route ?

Là encore, chaque enfant est différent et les exigences varieront selon son âge ou l’approche alimentaire que vous avez choisie. Une idée générale : essayez de ne pas bouleverser vos habitudes et de faire au maximum comme à la maison.  

Vous l’allaitez ? Dans ce cas, pas de logistique à gérer. Soyez seulement vigilante à vous alimenter suffisamment et à ménager vos efforts en selle.  

Votre petit est nourri au biberon ? Un modèle à fond démontable vous facilitera le nettoyage.  

Soyez particulièrement attentifs à votre gestion de l’eau potable. Pensez à remplir vos réserves avant de vous arrêter pour bivouaquer. Des outils permettent de géolocaliser les robinets ou fontaines comme le site www.eau-cyclisme.com ou l’application Komoot.  

Votre bébé a entamé le processus de diversification alimentaire ? Alors, il faudra lester vos sacoches de quelques petits pots tout préparés, au moins en guise de rations d’appoint. 

Photo Olivier Godin 

Notre retour d’expérience : à 10 mois nos enfants consommaient le menu suivant :  le matin, un biberon à température ambiante, un morceau de banane et une petite tranche de pain. Le midi, une ration de notre dîner de la veille, cuisinée au réchaud et conservée dans un petit pot en verre, une boite en plastique hermétique voire un sachet zip (pensez à en emporter !) Au goûter, une compote, un biscuit sec et un morceau de fromage. Un dernier biberon avant d’aller se coucher.  

Comment camper avec un bébé ?

Sans tomber dans l’excès, privilégiez une tente volumineuse, qui vous permettra d’accorder à votre bout de choux une vraie place adulte. Il ne l’occupera certes pas pleinement, mais vous pourrez mettre à profit l’espace restant pour stocker ses affaires ou le changer en demeurant libre de vos mouvements.  

De préférence, optez pour un modèle autoportant que vous pourrez dresser rapidement sur tout type de surface, y compris sur un sol rocheux ou une dalle en béton. Vous pourrez ainsi déployer rapidement, en toute circonstance, un abri réconfortant pour votre bébé.  

Côté couchage, il existe sur le marché des matelas gonflable compacts de petite taille (90 cm). Mais leur forme, généralement en boudins, ne convient pas à tous les enfants. On peut privilégier dans ce cas un tapis de sol en mousse, découpé aux mensurations du jeune campeur.  

Des sacs de couchage sont également conçus pour les petits à partir de 2 ans. Avant, on peut se contenter d’une chancelière plus ou moins chaude selon les conditions du voyage.  

Notre retour d’expérience : même si c’est l’option que nous privilégions, le voyage à vélo n’implique pas nécessairement de bivouaquer. L’itinérance sur deux roues est tout à fait envisageable en gîte, à l’hôtel (préférez les adresses disposant du label accueil vélo https://www.francevelotourisme.com/accueil-velo), en Warmshowers (plateforme d’hébergement gratuite réservée aux cyclistes https://fr.warmshowers.org) ou pourquoi pas directement chez l’habitant ?  

Comment prendre en charge les soins et l’hygiène en mode nomade ?

Si vous êtes des inconditionnels des couches lavables pourquoi ne pas tenter l’expérience sur la route ? Gardez en tête, toutefois, qu’il vous faudra transporter votre kit et, surtout, trouver des points d’eau pour procéder à des nettoyages réguliers. Pas toujours évident ! 

Dans ces conditions, les couches jetables s’imposent comme la solution de facilité. Prévoyez alors des sacs hermétiques pour les stocker en attendant de trouver une poubelle.   

Inutile d’embarquer un sac à langer trop fourni. Un tapis plastifié assorti d’une trousse avec le nécessaire de base (lingettes, liniment, crème…) fera l’affaire. Après quelques jours de voyage, bébé ne se formalisera plus d’être changé à même le sol… et vous non plus !  

 Un gant vous permettra d’assurer une toilette sommaire quotidienne. Pour un bain plus approfondi, vous pouvez avoir recours à une bassine pliante dans lequel bébé pourra s’asseoir. Elle pourra également faire office de machine à laver le linge, de lave-vaisselle et d’outre pour transporter de l’eau entre un lac ou une rivière et votre campement.  

Notre retour d’expérience : nous utilisons des couches jetables achetées en paquets de 34. Ces derniers se glissent facilement sous le siège de la remorque et nous garantissent une autonomie d’une semaine environ. En revanche, pour ne pas consommer inutilement coton ou papier hygiénique, nous employons des lingettes en tissu réutilisables.  

Et s’il tombe malade ?

Votre trousse de soin devra rester facilement accessible durant toute la durée de votre voyage. A l’intérieur les basiques (liste non-exhaustive) : sérum physiologique, compresses, pansements, désinfectant, pince à épiler, tire-tique, répulsif à insecte (adapté à l’âge de votre petit), crème solaire, (idem) paracétamol, ainsi que les éventuels traitements en cours pris par votre bébé.  

Dans tous les cas, informez votre pédiatre de votre projet de voyage. Il vous aidera à compléter votre kit de secours et vous prescrira les médicaments qu’il jugera nécessaires.  

Sur la route, restez attentif au comportement de bébé (appétit, tonicité, transit, irritabilité…) et consultez un médecin (au moins par téléphone) à la moindre alerte. Veillez également à bien l’hydrater, en particulier les jours de forte chaleur.  

N’oubliez pas d’embarquer carnet de santé, carte vitale et de mutuelle. En cas de séjour dans les États de l’Union européenne, pensez à commander votre carte européenne d’assurance maladie (CEAM). Pour les autres pays, renseignez-vous sur la couverture fournie par votre carte bleue (attention, sa validité n’excède généralement pas 90 jours à l’étranger). Le cas échéant, souscrivez une assurance voyage pour éviter d’avoir à prendre en charge des dépenses de santé qui, dans certains pays (États-Unis, Canada notamment), peuvent se révéler extrêmement élevées.  

Notre retour d’expérience : comme à la maison, nous avons dû faire face sur la route à quelques bobos et maladies infantiles sans gravité (coupures, otites, inflammations cutanées…) Dès que nécessaire, nous nous sommes rapprochés d’un centre médical où nous avons toujours été pris en charge avec bienveillance. Quand la situation l’imposait, nous avons consenti des pauses de quelques jours dans un lieux réconfortant pour toute la famille (hôtel, location…) pour que nos enfants récupèrent dans de bonnes conditions.  

Quels jouets emporter ?

Inutile de trop vous charger ! Une sélection de 3 ou 4 jouets peu volumineux, choisis parmi les préférés de bébé, devrait faire amplement l’affaire (attention, à ne pas placer d’éléments susceptibles de le blesser dans la remorque). Il y a même fort à parier qu’il les substituera vite par d’autres objets amassés au hasard du voyage. Bouteilles plastique, boites métalliques, morceaux d’étoffe susciteront sans doute autant son intérêt que bien des jeux dernier cri. Sans parler des innombrables curiosités fournies directement par la nature : cailloux, feuilles, morceaux de bois etc. Transvaser, manipuler, entrechoquer, lancer (toujours sous votre surveillance) s’imposeront probablement comme ses activités préférées.   

Un incontournable peut-être : doudou ! Si votre bout de chou en a adopté un, il sera évidemment du voyage.  

Photo Olivier Godin

Notre retour d’expérience : lors de notre premier périple, Axel s’est contenté d’un livre en tissu, de Sophie la girafe et de son inséparable Nono, un petit ours en peluche qui l’accompagne partout. Mais ce sont les jeux d’extérieur qui ont occupé le plus clair de son temps. Son passe-temps favoris : farfouiller dans la terre ! Tant et si bien qu’au cours des voyages suivants, nous avons emporté un kit miniature comprenant pelle, seau et râteau qu’il a utilisé presque quotidiennement.  

On espère que tout ça vous aura donné envie de vous lancer dans l’aventure à deux roues 🚴‍♂️ !