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« La remplaçante » : enfin une BD qui parle vraiment du post-partum !

25 octobre 2021
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Parue au printemps dernier, la bande dessinée signée Mathou et Sophie Adriansen aborde sans tabou la dépression du post-partum. Et après l’avoir lue, on a envie de le mettre entre toutes les mains…

De quoi ça parle ?
 

Marketa et Clovis s’aiment, lui a déjà deux enfants, elle pas encore, et très vite c’est l’évidence : cet amour est « si grand que c’est trop pour deux ». Ils décident d’avoir un bébé, et le bébé décide d’arriver rapidement. La grossesse se passe comme sur un nuage jusqu’aux premières contractions, qu’on appelle « fausses contractions » mais qui font mal pour de vrai. La fin de la grossesse de Marketa, c’est aussi la fin de la légèreté. L’accouchement ne se passe pas non plus comme prévu, et si le bébé va bien, le combo douleur-angoisse prend la place de celui « bonheur-béatitude » qu’elle avait imaginée…

Quels thèmes sont abordés ?
 

Le côté obscur du « post-partum », cette période qui suit directement l’accouchement. Parce que tout n’est pas toujours rose (ou bleu) et que ça va mieux en le disant ! À travers Marketa, les deux autrices soulèvent toutes les difficultés que peut rencontrer une jeune maman : les douleurs d’après accouchement et celles de l’allaitement, la peur ne pas bien faire, le poids de la responsabilité écrasante de donner naissance, les pleurs incessants, le corps qu’on ne reconnaît plus, la nostalgie de la grossesse, la question de l’ « instinct maternel »…

Pourquoi ce titre ?
 

« La remplaçante », c’est cette mère épanouie, qui sait exactement comment s’y prendre avec son bébé, comprend d’instinct ce qu’il a et comment lui donner son bain, l’aime plus que tout à la première seconde, et allaite super bien. C’est cette figure de la mère idéale que Marketa imagine dès la maternité, et rêverait d’être ou d’embaucher, pour que son bébé soit enfin entre de bonnes mains…

Pourquoi on devrait l’offrir à toutes les futures et jeunes mamans ?
 

Parce que c’est délicieusement déculpabilisant. La dépression du post-partum, c’est un peu la double peine : non seulement on va mal, et en plus on culpabilise d’aller mal. Alors enlever la part « culpabilité » grâce à d’autres femmes qui assument leur vécu, en parlent et en font des jolies BD, c’est un cadeau précieux.

Est-ce que c’est angoissant ?
 

Est-ce qu’offrir à une future maman une BD sur la dépression du post-partum ce n’est pas un peu comme lui livrer une compilation des pires récits d’accouchement ? Non, en tout cas pas cette BD-là. Car si le sujet est dur, le traitement, lui, est tout doux. En grande partie grâce aux illustrations rondes et colorées de Mathou, mais pas seulement : l’envie de bien faire avec ce bébé tout neuf, la tendresse dans le couple, et la bienveillance de l’entourage installent l’amour comme une petite musique de fond du récit.

Un joli cadeau à offrir aux futures et jeunes mamans, celles qui doutent, qui redoutent, qui hésitent, et qui s’interrogent… Et donc à toutes les mamans, probablement.

La remplaçante, Mathou et Sophie Adriansen, éditions First, 19,95 euros