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La grossesse dure-t-elle vraiment trois trimestres ?

12 octobre 2021
Bienvenue bébé
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Interro surprise : combien faut-il de temps pour faire un enfant ? Raté si vous avez répondu « 9 mois » : les trois mois qui suivent feraient pleinement partie du processus de mise au monde physique et psychologique, d’où le terme de quatrième trimestre de grossesse…

Pendant 9 mois, le corps de la mère est habité, chamboulé, métamorphosé. Bercé par le bruit des battements du cœur et des organes, le fœtus dispose de la réponse à tous ses besoins… Et il faudrait que la nouvelle ère commence juste après l’accouchement ? La théorie du quatrième trimestre repose sur un tout autre postulat : les trois mois qui suivent seraient en fait une suite et fin de grossesse…

Le quatrième tri-quoi ?
 

C’est l’autrice américaine Jean Liedloff qui a introduit le concept dans les années 70, mais il faudra attendre les années 2000 pour que le Dr Harvey Karp popularise l’expression.
Ce terme de « quatrième trimestre » désigne la période de transition, le temps d’adaptation nécessaire pour la mère comme pour l’enfant dans l’achèvement du processus de mise au monde. Selon cette théorie, la grossesse se termine alors que le bébé n’est pas encore prêt à affronter le monde. Le nouveau-né est alors considéré comme un fœtus qui évoluerait à l’extérieur de sa mère, et aurait donc besoin d’un environnement très proche de celui de l’utérus…

Le quatrième trimestre côté bébé.
 

« C’était comment, dans moi ? » Même si un bébé ne peut pas répondre à cette question qui brûle les lèvres des jeunes mamans, l’idée est d’apporter aux nouveau-nés, au cours des trois mois qui suivent la naissance, un cadre sécuritaire, chaleureux et intime, semblable à celui qu’il a connu pendant neuf mois. De nombreuses stratégies visent à favoriser cet environnement, à travers des pratiques à mettre en place par les parents dans les premiers mois : c’est le cas du cododo, du portage en écharpe, de l’emmaillotage, du peau-à-peau, de l’allaitement à la demande, etc…

Le quatrième trimestre côté mère.
 

Il y a d’abord une réalité physique : le corps de la mère a beau être débarrassé du placenta et du nouveau-né, il n’est pas pour autant revenu à ce qu’il était avant la grossesse, donnant cette sensation de n’être ni enceinte, ni pas enceinte. Métamorphosé par les 9 mois de grossesse, il est aussi profondément bouleversé par l’accouchement : en plus de se remettre physiquement des derniers mois, la mère devra s’adapter à son nouveau rôle de mère et à ses responsabilités, ou plutôt continuer à le faire, et poursuivre ce chemin psychique entamé au début de la grossesse… Et parfois au prix de difficultés dont on commence enfin à parler, à travers des témoignages et des éclairages sur la dépression du post-partum.

Le quatrième trimestre du côté de l’autre parent.
 

Mais pas besoin d’avoir porté un bébé pour ressentir le quatrième trimestre de grossesse : la conjointe ou le père, s’ils ne vivent pas les mêmes bouleversements biologiques, entament durant le quatrième trimestre de grossesse un temps d’adaptation, d’improvisation, d’hésitations… L’identité sociale se modifie, la place dans les générations et dans le couple évolue, et certains hommes se retrouvent face à des modèles paternels vécus comme obsolètes, dépassés, et peu adaptés à leur vision du paternage d’aujourd’hui… Des modèles à réinventer, et une réflexion commencée avec la découverte de la grossesse à poursuivre au fil du temps, prouvant aussi que les trois premiers mois de vie constituent une continuité plus qu’un commencement…

À lire pour en savoir plus

« Bien vivre le quatrième trimestre au naturel », Julia Simon, éditions First
« Vivre sereinement son quatrième trimestre de grossesse », Céline Bazin, éditions La plage