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Devenir un papa, ça s’apprend !

18 mars 2019
Bienvenue bébé
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Pour mieux vous accompagner,

Petit Bateau va à la rencontre d’experts de la parentalité et de la petite enfance au fil d’une série d’interviews. On commence en beauté avec un homme qui a décidé il y a quelques années de créer… une école de papas. Une idée peu commune pour une mission qu’on applaudit à deux mains !
Rencontre avec Gilles Vaquier, fondateur de l’Atelier du futur papa.

Petit Bateau : Bonjour Gilles, vous avez créé l’Atelier du futur papa en 2014, avec le soutien de la Fondation pour l’Enfance. Racontez-nous l’origine de ce projet. Gilles Vaquier : Le point de départ, c’est un banal accident domestique. En 2012, alors que nous étions chez des amis, ma fille a fait une grave chute dans les escaliers. A ce moment, j’étais complètement désemparé, tétanisé. Je ne savais littéralement pas quoi faire. Heureusement, aujourd’hui ma fille va bien. Mais ce choc a planté une graine dans mon esprit. J’ai réalisé qu’en tant que papa, je m’imaginais protecteur, mais que, dans une situation extrême, je n’étais pas préparé et complètement impuissant… et que je n’étais pas le seul. Je me suis demandé comment faire pour que ce qui m’était arrivé n’arrive pas à d’autres. 2 ans plus tard, je quittais mon travail de formateur en pharmacie et je lancais l’Atelier du futur papa.

Cet atelier est donc tourné vers la prévention des risques ?


C’était le point de départ et c’est toujours un pan important de mon enseignement, même si j’ai beaucoup élargi mon champ d’action depuis. La sécurité, c’est la base. Il y a 2000 accidents domestiques chaque jour, 7 fois plus que d’accidents de la route ! Nous avons du mal à le concevoir, le domicile est rassurant, et on imagine toujours que les accidents n’arrivent qu’aux autres… 90% d’entre eux sont évitables. Sécuriser un logement pour l’arrivée de bébé se fait très simplement, et acquérir les bons réflexes de prévention aussi ! Il faut juste avoir les bonnes connaissances. Tout part de là : avoir les bonnes connaissances permet d’anticiper et de prévenir les accidents. Par exemple, savoir qu’on doit toujours garder une main sur son bébé quand on le change, ou bien qu’on peut très bien le changer au sol. Une connaissance toute simple, mais tellement importante !

 

Quelles ont été les réactions lorsque vous avez lancé l’Atelier du futur papa ?


Beaucoup d’incrédulité, et une bonne dose de perplexité, mais heureusement beaucoup d’enthousiasme aussi. Et l’idée continue de faire son chemin !

 

Quelles sont les grandes craintes des papas que vous rencontrez dans vos ateliers ?


Ils ont souvent peur de ne pas savoir se débrouiller, alors qu’ils ont très envie d’être parent à part entière et de trouver leur place.
« Je leur dis qu’ils ne doivent pas être des « mamans bis » mais plutôt des « papas plus », qu’ils ont leur propre rôle à jouer ! »Gilles Vaquier

 

Vous disiez avoir élargi votre champ d’action : qu’enseignez-vous aujourd'hui ?


Après la sécurité, j’ai rapidement eu envie d’aborder la parentalité dans tous ses aspects. Je me suis donc intéressé aux gestes du quotidien, j’ai passé mon CAP Petite Enfance, puis j’ai suivi le formidable enseignement de la psychothérapeute Isabelle Filliozat sur la parentalité positive. Je peux dire qu’aujourd’hui l’Atelier propose une formation globale sur la paternité.

 

De la sécurité à l’éducation, il y a un pas, une évolution naturelle ?


Absolument. Il y a des points communs entre la prévention des risques et l’éducation positive : la connaissance et l’anticipation. Et puis, quand on dit à son jeune enfant « ne traverse pas la route » ou « ne touche pas aux cacahuètes », on est à la fois dans la prévention des risques et dans l’éducation…
J’enseigne ainsi à mes papas qu’avant un certain âge, le cerveau de leur enfant n’est tout bonnement pas équipé pour gérer la négation, et que leur message de « prévention » n’est qu’une invitation à la mise en danger… Lorsque leur enfant traversera la route ou saisira une cacahuète, ils se diront qu’il n’écoute pas ou qu’il le fait exprès et pourront se mettre en colère, quelle terrible incompréhension ! C’est notamment à cela que j’aide les papas : mieux comprendre leur enfant, pour le protéger mais aussi pour établir un lien plus solide et plus serein avec lui. Entre les 1 et 5 ans de son enfant, on peut cultiver une relation forte d’attachement et ce que j’appelle une autorité facile. Cela demande des connaissances, de la créativité et de l’énergie, mais quel formidable récompense quand votre enfant est bien dans ses baskets et que vous n’êtes plus dans les cris mais dans la sérénité !

 

Parlons des mamans, de quel œil voient-elles vos ateliers ?


Leur regard est très bienveillant. D’ailleurs aujourd’hui encore, les femmes sont mes premières prescriptrices : elles envoient leur compagnon chez moi, via des bons cadeaux. Certaines femmes amènent même leur conjoint à l’atelier sans leur dire de quoi il s’agit !

 

Quelles formules proposez-vous aux papas ?


Le samedi, je propose un atelier d’une journée sur les clés de la paternité : prévention des risques, gestes du quotidien, éducation positive et communication bienveillante, plus le plein d’astuces, et des exercices pratiques. Et pour une première approche, je propose le vendredi soir, un atelier de 2h30 centré sur les gestes du quotidien (porter bébé, le changer, lui donner le bain, le calmer et décrypter ses pleurs, la sécurité…)

 

L’Atelier du futur papa a fait des petits ? Racontez-nous.


Oui, et j’en suis très heureux. Le premier rejeton est né à la Réunion grâce à Serge, un jeune papa formidable. Aujourd’hui, l’Atelier du futur papa existe aussi à Lyon, Bordeaux, en Normandie et dans les Hauts de France. J’espère que les ateliers continueront de grandir, les demandes de création ne manquent pas mais je prends le temps de m’assurer que la qualité est toujours au rendez-vous.

 

Vos 3 conseils pour les tout jeunes papas ?


Informez-vous en amont. C’est la première chose, vous l’aurez compris : l’anticipation ! Mon deuxième conseil : valorisez votre compagne. Après la naissance, celle-ci est dans une situation de fragilité, elle vit des bouleversements majeurs sur tous les plans, elle a plus que jamais besoin d’être chouchoutée et valorisée ! Cela met le couple dans une dynamique de démarrage positive extrêmement importante pour la suite.
Mon dernier conseil : poussez à fond la manette de cette nouvelle vie ! Je suis moi-même père de 3 enfants, l’aventure est formidable, il faut le dire aussi !

 

Un jeune papa qui sort de votre atelier, que fait-il à la naissance ?


Il commence par y assister  ! Il est prouvé que sa présence facilite l’accouchement. Ensuite, il constitue un cocon pour l’arrivée de sa compagne, il a déjà équipé la maison du matériel de sécurité. Il aura aussi pris soin de remplir le frigo et de faire un beau cadeau à sa compagne. Enfin, il est dans une position proactive, il s’implique dans les rendez-vous médicaux à venir, c’est un jeune papa actif qui ne reste pas les bras ballants !

 

Et vos 3 conseils pour les jeunes mamans ?


Sans surprise, envoyez votre compagnon dans l’Atelier du futur papa pour qu’il soit parfaitement armé (rires). Mais faites-lui aussi confiance ! Enfin, prenez du temps exclusif avec lui, le plus tôt possible après la naissance. Lorsque la famille passe de 2 à 3, il y a deux dynamiques à nourrir : celle du couple et celle de la parentalité. Les deux sont importantes.

 

Qu’est-ce qui vous a le plus ému dans cette aventure ?


L’émotion, je l’ai chaque semaine ! Voir des hommes pousser la porte de l’atelier pour passer un samedi à apprendre, c’est déjà quelque chose en soi. Les papas d’aujourd’hui sont de bonne volonté, c’est vraiment encourageant.
« Les voir tenir un poupon en plastique avec des gestes tendres, c’est un spectacle qui m’émeut toujours ! »Gilles Vaquier

Atelier du futur papa, 2 rue Cambronne, Paris XV
Renseignements et réservation, https://www.atelierdufuturpapa.com/ et 09 83 23 30 96/ 06 95 86 31 80

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