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12 bienfaits de la nature sur le développement des enfants

09 avril 2021
Récréation
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« Habiter le monde » : voilà ce que Moïna Fauchier Delavigne souhaite à nos enfants. À cette génération qui grandit dans un monde de plus en plus urbanisé et saturé d’écrans, la journaliste et autrice de « L’enfant dans la nature » et « Emmenez les enfants dehors ! » * a envie d’offrir d’autres horizons. Car « quand l’espace physique se restreint, c’est l’univers qui se restreint. »  Aller dehors, expérimenter la nature, la connaître, l’aimer, ce n’est pas juste un plaisir : c’est un indispensable au bien-être et au développement des enfants. La preuve par douze.

Éveiller les sens

Dès les premières semaines de grossesse, le bébé à venir développe ses sens. « À la naissance et en grandissant, son univers doit être riche d’éléments à entendre, sentir, toucher, voir… La nature offre à ce titre les expériences les plus variées. » Jouer avec de la terre, se rouler dans l’herbe, sauter dans les flaques (pour la faire râler) (vous l’avez ?), ce n’est pas seulement s’amuser et agrandir la pile de linge sale. C’est aussi et surtout se découvrir soi-même à travers son environnement.

 

Apprendre leurs limites

Un enfant en fait l’expérience rapidement dans la nature : il ne peut pas tout porter, tout faire tomber, tout casser. Autour de lui, il y a mille choses plus lourdes, plus grandes et résistantes que lui. Et puis il y a cette terre, souple comme de la pâte à modeler il y a quelques semaines, et désormais impossible à malaxer : « Grâce à la manipulation, à l’expérimentation, les enfants comprennent que leur volonté ne suffit pas, qu’il y a des saisons, des conditions climatiques, qu’on ne peut pas toujours faire ce que l’on a décidé, et qu’il faut s’adapter… »

Favoriser l’imagination, la créativité


« Les bouts de bois ne sont pas fournis dans la nature avec un mode d’emploi », s’amuse Moïna. Pas plus que les grands rochers, les arbres centenaires, le sable et les cailloux. Il va donc bien falloir faire sans règles, et le résultat est là : à défaut de devoir obéir, l’enfant se met à réfléchir, imaginer, créer. Ce n’est pas votre enfant qui court après son cousin. C’est un elfe qui doit trouver auprès d’un gentil dragon la formule pour libérer un géant (ou un truc comme ça).

Améliorer la condition physique

« C’est désormais tellement admis qu’on a tendance à ne plus évoquer le sujet, comme si on enfonçait des portes ouvertes. Mais en réalité, c’est le nerf de la guerre, parce que les conséquences de la sédentarité sont énormes sur la santé des enfants. » En plus de favoriser une activité physique, les espaces naturels permettent une exposition à la diversité microbienne qui augmente les défenses immunitaires.

Améliorer le développement psychomoteur

Votre cœur fait des bonds à chaque fois que votre enfant manque de tomber : mais pendant ce temps, dans son corps se développent plein de capacités. « Dans la nature, les enfants peuvent exercer leur force physique, et développer efficacement équilibre, agilité, souplesse… » rappelle Moïna.

Booster la concentration

Être en capacité de se concentrer n’est possible qu’à condition d’avoir pu extérioriser le trop plein d’énergie. C’est le cas de tous les enfants, et en particulier de ceux souffrant du TDAH : évoluant en grande partie dans une école statique aux temps en extérieur très réduits, ils ont besoin des horizons et des stimulations variées qu’offre la nature.

Développer des aptitudes sociales

Dans la nature, rien n’est écrit, tout est à inventer. Y compris les rôles de chacun au sein du groupe. En jouant à deux, cinq, ou dix dans ce terrain immense où les règles ne sont pas figées, on est loin des valeurs basées sur la compétition et la performance : « On découvre en soi et chez les autres d’autres aptitudes moins clivantes que « elle sait jouer au foot », « il sait lire ». » Les enfants (se) découvrent alors la capacité à travailler en équipe, à trouver des solutions ingénieuses, à aider les autres, à transmettre ce qu’ils savent : la capacité surtout à avoir une place dans le groupe, et à y développer un sentiment rassurant d’appartenance.

Mettre tous les enfants au même niveau

Dans la nature, les bouts de bois c’est pour tout le monde, les ricochets aussi. Les enfants découvrent alors qu’un monde ne sépare pas les filles et les garçons, comme la cour de récré, son terrain de foot et son coin marelle ont pu leur laisser penser.

Réduire le stress et les comportements agressifs

Développer des sentiments positifs vis à vis de soi, des autres et de l’environnement qui nous réunit, c’est forcément diminuer les tensions. Plus libres et donc plus autonomes, les enfants ne se disputent pas le même jouet ou le même espace. Côté parents, dire qu’ils sont soulagés de ne pas avoir à subir le même brouhaha entre quatre murs serait une litote.

Réguler l’anxiété et les frustrations


Avez-vous déjà regardé un enfant réagir face à un téléphone ou une tablette qui « bug » ? L’énervement est palpable, et nous fait légèrement penser à la réaction de quelqu’un qu’on connaît bien (hum). Dans la nature, quand un hic intervient, il est inutile de s’en prendre à l’arbre (il est trop fort) ni au moustique (il est déjà loin). Quand on n’est pas content, il n’y a pas de responsable, mais il y a des solutions. « L’enfant peut s’isoler, porter quelque chose de lourd, marcher en tapant des pieds… La nature permet d’agrandir les marges de manœuvre des enfants, y compris dans l’expression de leurs émotions. »

Augmenter son savoir

S’amuser dans la nature, c’est du sérieux. Distinguer un coléoptère d’un dermaptère ? C’est de la chimie. Faire levier pour soulever un poids lourd ? C’est de la physique. Compter les cernes d’une souche pour avoir l’âge d’un arbre ? C’est des maths ! A l’extérieur, l’enfant comprend des mécanismes (la gravité, les sons, le mouvement) en en faisant l’expérience réelle, et grâce à sa propre observation.

Prendre confiance en soi

« La nature est un terrain de jeu infini qui offre à l’enfant des défis variés : prendre des décisions, résoudre des problèmes, trouver des solutions, se tromper, recommencer… », explique Moïna. Plus les petits développent de capacités à essuyer des échecs, moins ils les redoutent, et plus ils sont en mesure de saisir les opportunités, d’avancer, et de se sentir fiers d’eux. Celui qui vous fait coucou, assis sur sa branche, il n’est pas seulement en hauteur (un peu trop, à votre goût) : il se sent à la hauteur et ça, c’est un cadeau de la nature, et aussi de vous.

Enfin, rappelez-vous que multiplier les occasions d’être en contact avec la nature, apprendre à votre enfant à s’émerveiller d’une coccinelle ou d’un arc en ciel, ce n’est pas seulement l’aider dans son développement. C’est aussi vous engager ensemble dans un cercle vertueux : plus ils aimeront la nature, mieux ils la protègeront.

* « L’enfant dans la nature », de Moïna FauchierDelavigne, éditions Fayard
« Emmenez les enfants dehors ! », de Crystèle Ferjou avec Moïna Fauchier-Delavigne, éditions Robert Laffont